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    1/22/2009

    VOILI - Mon Blog note

     

    (©AFP / 19 janvier 2009 17h54)

    Des millions de barils de brut dorment en mer, jackpot promis aux affréteurs

    LONDRES - Une mer de pétrole, estimée entre 50 et 100 millions de barils, dort actuellement dans des superpétroliers transformés en entrepôts flottants, promettant des profits énormes aux banques et aux courtiers quand les cours du brut remonteront.

    Symptôme parmi d'autres de la crise mondiale, des dizaines de superpétroliers, chargés à rabord de brut, sont actuellement à l'ancre. Ces "entrepôts flottants" mouillent près des côtes iraniennes, vénézuéliennes, américaines, au large de Afrique de l'Ouest et en Mer du Nord, selon l'Agence Internationale de l'Energie.

    "Soulignant l'état de faiblesse de la demande, à la fois pour le pétrole et pour le transport maritime, le stockage de pétrole en mer a augmenté, pour atteindre entre 50 et 80 millions de barils (mb)", a-t-elle estimé dans son rapport mensuel de janvier.

    A en croire Frédéric Lasserre, de la banque Société Générale, ce serait plutôt entre 90 et 100 millions de barils.

    "D'après les affréteurs (loueurs) de bateaux, au moins 35 pétroliers de type VLCC (la plus grande catégorie, ndlr), contenant chacun 2 mb, sont utilisés pour stocker du pétrole. Il faut rajouter une quinzaine de Suezmax (des navires plus petits, ndlr)", calcule-t-il.

    Ce phénomène a démarré dès décembre, lorsque les cours du brut sont tombés non loin de 30 dollars, leur plus bas niveau depuis 4 ans. Plutôt que de vendre leur pétrole à vil prix, nombre de producteurs ont préféré le conserver en attendant des jours meilleurs.

    Parmi eux, les compagnies pétrolières BP et Shell ont été citées par des courtiers et des analystes, ce qu'elles n'ont pas voulu confirmer.

    Ensuite, des acteurs extérieurs à l'industrie pétrolière -- courtiers, fonds spéculatifs, banques -- se sont mis de la partie, alléchés par la perspective d'empocher un gain certain en jouant sur le différentiel de prix entre les contrats de pétrole à échéances rapprochées et les contrats plus lointains.

    Le pétrole pour livraison en février s'échange autour de 35 dollars à New York, contre 50 dollars pour l'échéance juin par exemple.

    Concrètement, un investisseur peut donc acheter une cargaison de brut, à 35 dollars le baril, qu'il vendra en juin au prix fixé d'avance de 50 dollars.

    La banque d'affaires américaine Morgan Stanley chercherait ainsi à réserver un pétrolier, selon le Times.

    Cerise sur le gâteau, les prix du transport maritime ont chuté, réduisant le coût du stockage.

    "On a vu la convergence unique d'un pétrole en forte baisse et d'un coût du transport maritime lui aussi en forte baisse, ce qui a rendu économiquement viable l'utilisation des superpétroliers comme entrepôts", résume Jonathan Wood, du cabinet Control Risk.

    Avec un coût de stockage de 1,2 à 1,5 dollar par mois et par baril, la marge est donc de 8 dollars par baril (16%), calcule M. Lasserre.

    Très rentable, l'affrétement d'un pétrolier est toutefois réservé aux gros opérateurs.

    "Contrairement au marché papier où on ne vous demande qu'un dépôt de garantie, il faut payer cash le pétrole chargé", souligne ainsi M. Lasserre.

    D'autre part, "il est de plus en plus difficile de trouver un emplacement" pour les navires, a indiqué Jeff Currie, analyste à la banque Goldman Sachs, lors d'une conférence à Londres lundi.

    "Les turbulences sont trop fortes pour jeter l'ancre en plein milieu de l'océan, et il coûterait trop cher de faire circuler" ces bateaux, a-t-il précisé.

    Selon M. Currie, le stockage de pétrole en mer aurait ainsi actuellement atteint sa limite.

    Enfin, des risques opérationnels, comme le piratage ou le mauvais temps, pèsent sur de telles opérations.

    "Ce n'est pas le métier d'une banque", estime M. Lasserre.

    "Une entreprise envisageant ce type d'opération a tout intérêt à étudier la sécurité du bateau et de la zone où il sera mouillé. Il est évidemment bien plus prudent d'opter pour Rotterdam que la côte du Nigeria", renchérit M. Wood.

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    1/10/2009

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